France Alzheimer

Témoignages

Association France Alzheimer Oise

Réflexions en ce temps de vacances…

● Une amie dont le mari est décédé après 12 ans de maladie :

Lors de l’inhumation de François, j’avais envie de crier à certaines personnes présentes, « Ce n’est pas aujourd’hui que François à besoin de votre présence, c’était pendant sa maladie que François avait besoin de vous ».

 

● Un médecin d’une maison de retraite pose un ultimatum à la fille de la maman malade, accueillie depuis 2 mois « Je ne peux garder votre maman, trop remuante. Il faut l’interner à l’hôpital psychiatrique. Si vous n’acceptez pas, je la fais interner d’office »

Faute de place en juillet et août, période de vacances, la malade est placée en psychiatrie au grand désespoir de sa fille.

 

 

Trop souvent nous entendons :

- Je n’ose venir de crainte de te déranger…

- Si je viens est-ce que ton mari me reconnaîtra ?

- Je préfère ne pas venir car je veux garder le bon souvenir de ton mari avant la maladie.

- Je n’ose pas t’envoyer de cartes postales de vacances pour éviter de te faire de la peine…

Ces réflexions, ces incompréhensions font mal car nous avons tellement besoin d’être entourés. Les week-end sont longs…

 

Et pourtant, il y a des gestes affectueux, amicaux qui réconfortent et nous aident à continuer notre route.

 

- Merci pour les cartes postales, les photos reçues. Elles nous rappellent des voyages, des vacances.

- Merci au beau-frère qui apporte un sac de varech pour que je respire l’air iodé de la mer.

- Merci aux amis qui apportent deux parts de gâteau au lendemain de leur anniversaire de mariage auquel nous étions invités et auquel nous n’avons pu assister à cause de la maladie.

- Merci à l’amie qui apporte des haricots verts, des fleurs de son jardin, sachant la peine que nous avons eue de laisser notre maison, notre jardin, notre village, pour venir vivre en ville, l’état de mon mari s’aggravant et  moi-même ne pouvant assumer toutes les tâches.

- Merci à tous ceux et celles qui savent donner un peu de temps pour une visite, un appel téléphonique…

- Merci aux enfants et aux petits enfants dont l’affection n’a pas de prix.

 

Courage à toutes les familles touchées par la maladie.

 

 

La désespérance, l’angoisse de l’avenir nous font quelquefois réagir sans en approfondir les conséquences.

 

Après deux ans environ de maladie, le comportement de notre malade devient déroutant et inquiétant : se déshabiller le soir, changer les objets de place, frotter les joints de carrelage de la cuisine pendant des heures, accuser les enfants de nous voler… j’arrête là : vous connaissez n’est-ce pas ?

 

Un jour m’adressant aux enfants et pensant particulièrement à nos jeunes petits enfants, je leur ai dit ne plus souhaiter les voir venir à la maison vu le comportement de leur Papa et Grand-Père. Ils m’ont répondu : « Papa est malade, la maladie fait partie de la vie. Il n’y a donc aucune raison pour que nous ne venions pas voir Papa et te soutenir toi ».

 

Très souvent cette réflexion me revient en mémoire et je me dis : « S’ils m’avaient écoutée, nous serions bien seuls aujourd’hui ! »

 

Odile Anciaux, présidente de l’association à sa création en 1991